Pourquoi grand-mère préparait-elle toujours un plat en plus « au cas où » ?

La plupart d’entre nous a une gourmandise nostalgique lorsqu'il s'agit de se remémorer les effluves savoureuses de la cuisine de nos grands-mères.

Comprendre la générosité culinaire de nos aïeules #

Ces doux souvenirs gustatifs sont souvent associés à une curiosité charmante : pourquoi grand-maman avait-elle toujours en réserve un mets supplémentaire, « au cas où » ? Un avis partagé par tous, c’est cette constance chez nos grands-mères qui mérite notre attention. Dans ce voyage vers nos souvenirs d’antan, nous testerons l’hypothèse selon laquelle ce geste traduirait l’amour inconditionnel de nos aïeules.

De la génération de la guerre à la génération du partage #

Pour mieux comprendre ce phénomène, il est nécessaire d’effectuer un retour dans le passé, plus précisément à l’époque où nos grands-mères étaient jeunes. Ce sont les femmes de la génération de la guerre, une époque marquée par les restrictions, où l’inattendu était le quotidien. La préparation d’un plat supplémentaire était loin d’être un luxe. Il s’agissait en fait d’une question de prévoyance, de prudence face aux aléas de la vie. La générosité de nos aïeules vient du fait qu’elles ont connu des temps où chaque morceau de pain comptait. Conserver, prévoir un surplus était devenu presque un réflexe, un test quotidien face à l’incertitude du lendemain.

Cependant, ce geste dénote également un trait culturel de partage. A l’époque, les familles étaient plus importantes en nombre et les maisons pleines de vie. Un invité surprise était toujours une possibilité, et le fait qu’une grand-mère ait préparé un plat supplémentaire « au cas où » constituait une sorte de comparatif avec nos modes de vie modernes. Là où aujourd’hui nous invitons des personnes avec précision, autrefois, la maison était ouverte à quiconque avait faim. C’est en faisant preuve de générosité à table que nos grands-mères exprimaient leur amour inconditionnel.

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La sauvegarde d’une tradition sociale #

Par ailleurs, ce geste pourrait s’analyser comme un souci de préservation de l’identité familiale. Souvent, nos grands-mères étaient les gardiennes des recettes traditionnelles de la famille. Une généreuse marmite de soupe aux légumes mijotée avec dévouement traduit cet amour du fait-maison et cet enracinement culturel. La transmission de ces recettes signe également le souci de l’avenir. Avec chaque plat « au cas où », une hérédité culinaire était continuée . Ainsi, faire le meilleur ragoût, pétrir le plus moelleux des pains ou ciseler les légumes les plus frais étaient autant de manières de laisser une trace, de se perpétuer.

La vraie recette du pot-au-feu de grand-mère #

Et pour honorer ce souvenir partagé par beaucoup d’entre nous, voici la vraie recette du pot-au-feu de grand-mère, ce plat traditionnel toujours préparé « au cas où ». Préparez du bœuf à pot-au-feu, des os à moelle, des carottes, des navets, du chou, des poireaux, des oignons, du clou de girofle, du bouquet garni, du sel et du poivre. Mettez les viandes et les os à moelle dans une grande marmite d’eau froide. Portez à ébullition et écumez soigneusement. Ajoutez les légumes, le bouquet garni et assaisonnez. Laissez mijoter pendant au moins trois heures. Servez chaud avec du pain de campagne et du gros sel. Voilà une recette qui incarne parfaitement l’âme de la cuisine de grand-mère !

jusqu’à notre assiette #

En définitive, la tradition d’un plat supplémentaire « au cas où » va bien au-delà d’une simple générosité. Il s’agit d’un témoignage du passé, une histoire de survie et d’amour, une marque d’identité culturelle, une preuve d’anticipation d’éventuelles visites et surtout, une continuation d’un héritage culinaire familial. Tout comme un avis peut influencer une décision, un test peut confirmer une hypothèse et une comparaison peut révéler la meilleure option, nos grands-mères, à travers cette habitude, nous ont offert une véritable leçon de vie.

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