Il suffit d’un hiver, du froid sec et de l’eau de vaisselle pour que les mains se mettent à tirer, à rougir, puis à craquer. Grand-mère Honorine connaissait ce mal des saisons froides et y répondait par trois alliés simples, toujours rangés dans le buffet : la glycérine, le miel et la cire d’abeille. Avec eux, et un peu de constance, des mains abîmées retrouvent leur souplesse en quelques jours.
Pourquoi les mains gercent en hiver #
La peau des mains est fine, peu pourvue en glandes sébacées, et c’est elle qui encaisse tout : le froid qui resserre, le vent qui dessèche, l’eau chaude et les détergents qui dissolvent le film gras protecteur. Privée de cette barrière, l’eau de la peau s’évapore, l’épiderme se déshydrate, tiraille, puis se fendille. Les gerçures apparaissent, parfois jusqu’aux petites crevasses douloureuses sur les jointures.
Le passage répété du froid extérieur au chaud intérieur aggrave encore les choses, tout comme les lavages fréquents. C’est pourquoi grand-mère Honorine ne traitait jamais le mal une fois pour toutes : elle l’accompagnait jour après jour, en réparant le soir ce que la journée avait abîmé.
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Le baume glycérine, miel et cire d’abeille #
Le remède maître d’Honorine tient en trois ingrédients. La glycérine est un humectant : elle attire l’eau et la retient dans la peau. Le miel apaise, assainit et nourrit. La cire d’abeille, enfin, forme en surface un film protecteur qui empêche l’humidité de s’échapper. Ensemble, ils réparent et protègent en même temps.
Pour le préparer, on fait fondre doucement au bain-marie une part de cire d’abeille avec trois parts d’une huile végétale douce — olive ou amande —, hors du feu on ajoute une cuillère de miel et une cuillère de glycérine, puis on fouette jusqu’à obtenir une pommade onctueuse que l’on coule dans un petit pot. Cette logique de chaleur douce et de patience est la même que pour bien des préparations de la maison, à l’image du soin que l’on porte à une gelée de coings que l’on surveille jusqu’à la bonne prise.
Le bain d’huile d’olive tiède #
Quand les mains sont vraiment desséchées, rien ne vaut un bain d’huile tiède. On fait chauffer un bol d’huile d’olive jusqu’à ce qu’elle soit agréablement tiède, jamais brûlante, et l’on y plonge les mains une dizaine de minutes. L’huile pénètre les couches superficielles, assouplit les zones cornées et prépare la peau à mieux recevoir le baume.
Après le bain, on tamponne sans frotter, on laisse un léger film gras et l’on applique aussitôt le baume. Une fois par semaine en entretien, tous les deux jours en cas de mains très abîmées, ce geste simple redonne de la souplesse aux peaux les plus rêches. Honorine y ajoutait parfois quelques grains de gros sel pour gommer délicatement les peaux mortes avant de rincer.
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Les gants de nuit, le secret des résultats rapides #
C’est la botte secrète des grands-mères. Le soir, on applique une couche généreuse de baume, presque épaisse, puis on enfile une paire de gants de coton fin. Toute la nuit, la chaleur des mains et l’occlusion font pénétrer le soin en profondeur, sans que rien ne s’essuie sur les draps.
Au réveil, les mains sont visiblement plus souples, les tiraillements ont disparu et les petites crevasses se referment plus vite. Répété trois ou quatre nuits de suite, ce traitement transforme des mains parcheminées en mains douces. Pour les peaux très réactives, une nuit sur deux suffit à entretenir le résultat.
Prévenir plutôt que réparer #
Le meilleur remède reste d’éviter d’en arriver aux crevasses. Honorine portait toujours des gants pour la vaisselle et le ménage, et des gants chauds dès qu’elle sortait dans le froid. Elle se lavait les mains à l’eau tiède plutôt que chaude, avec un savon doux surgras, et tamponnait pour sécher au lieu de frotter.
Surtout, elle gardait son petit pot de baume à portée de main, sur l’évier comme sur la table de chevet, et en remettait une noisette après chaque lavage. Cette régularité, plus que la quantité, fait toute la différence. C’est la même sagesse patiente qui lui faisait récolter et préparer ses herbes médicinales bien avant d’en avoir besoin : prévoir aujourd’hui pour ne pas souffrir demain.
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Avec la glycérine, le miel et la cire d’abeille, le bain d’huile tiède et les gants de nuit, le mal des mains gercées n’a qu’à bien se tenir. Quelques gestes répétés, un peu de patience, et l’hiver perd l’un de ses petits tourments les plus tenaces.
